Et si c'était votre enfant...

...Seriez-vous fier des services que vous lui offrez?


C'est la question que j'aimerais poser aux directeurs des écoles primaires, aux dirigeants de la commission scolaire, aux commissaires et aux conseillers pédagogiques. Je connais déjà la réponse des enseignants. Et c'est loin de me rassurer comme parent.

La commission scolaire veut couper dans les classes spécialisées d'adaptation scolaire et intégrer de plus en plus, tous les élèves. L'idée est excellente quand tous les facteurs sont réunis: ouverture du milieu, services d'accompagnement réalistes, servies professionnelles selon les besoins (orthophonie, ergothérapie, psychologie, etc...) et non les disponibilités et les budgets, collaboration entre les parents, l'équipe école et les autres intervenants, aménagements et ameublements adaptés, etc...

Malheureusement, ce n'est pas la réalité que j'observe et que je connais. Fillette est en classe spécialisée de langage et elle ne reçoit pas de services en orthophonie à l'école. Elle a pourtant un trouble sévère à ce niveau. Nous sommes des parents très présents qui multiplions les démarches depuis plus de trois ans, tant au privé qu'au public, en payant de nos poches plus souvent qu'autrement. Je n'ose pas calculer cela en argent ou en journée de travail...

Encore une injuste, en plus de vivre avec la maladie et les handicaps, nous ne pouvons planifier de vacances en famille ou de diminuer notre hypothèque, d'adoucir notre quotidien avec de petites douceurs. Le stress est donc plus présent en raison de plusieurs autres dommage collatéraux.

Alors, si c'était votre enfant, vos enfants, que feriez-vous?

Commentaires

  1. Je suis en plein dedans. Je travaille dans mon école de quartier et c'est la période d'inscription.


    ....Je pousse pour envoyer fiston extra dans une classe spéciale.... Je ne veux même pas qu'il essaie la maternelle au régulier... Ce que je vois me décourage trop.

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  2. Très bon sujet. Un des problèmes c'est que pas assez de gens sont touchés directement, donc on ne se rend pas compte de la situation et la pression est moins forte et ça reste pareil...

    Continue d'en parler, tu ouvres les yeux des gens à des réalités qui ne sont pas les leurs, mais qui sont criantes... moi la première

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  3. Érézia: à une année près, je vis la même chose que toi. Heureusement que ma réflexion nous a amené de choisir la classe langage. Dans un an, ce sera le tour de Fiston à inscrire... Mon poste est aussi à mon école de quartier, un choix fait il y a déjà 10 ans, croyant naïvement que lorsque je serais maman, notre vie familiale ne serait que plus facile et agréable!

    Evely: Merci pour tes encouragements!

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  4. Moi je ne sais plus quoi penser en fait...
    Mon fils a été en classe régulière de la maternelle à la 4ième année. Dépendamment des profs, ça allait bien ou pas du tout.
    En 5ième année, on l'a envoyé en classe spécialisée en m'Assurant que ce serait tellement mieux pour son estime, son apprentissage etc.
    Son estime, elle a tombé en chute libre...
    Et la prof... triple bof. J'avais du mal à l'avoir 5 minutes au téléphone, jamais de plan d'intervention etc.
    Avant sa 6ième, on déménageait. J'avais discuté avec des pros qui disaient que plus un enfant commence tôt la classe spécialisée, moins il a de chance d'en sortir un jour et que non, l'estime ne remontait pas tjrs en classe spéciale.
    J'ai tenté de l'envoyer au régulier tout près, la directrice avait une ouverture mais en même temps, c'était risqué selon plusieurs autres pros.
    Il est allé en classe spéciale, ce fut l'enfer. Un prof qui le traitait de looser...
    Au secndaire, il est encore en spéciale, avec une super prof avec qui je peux discuter régulièrement.
    Mais en même temps, il songe au décrochage...
    Dans mon idéal à moi, il y aurait des services adéquats, que l'enfant aille au régulier ou non.
    Pour le moment, je n'en voit pas assez ( ou pas les bons) même en classe spéciale.
    Même pour les activités parascolaires, les remises de prix, les choix de cours, c'est ingéal entre les "réguliers" et les "autres"...
    Je ne sais pas pour tous les enfants et tous les parents. Mais si j'avais pu avoir le prof de 3ième de mon fils au régulier pendant toute sa scolarité par exemple, il aurait mieux performé et aurait été plus valorisé en demeurant au dit régulier. Et il aurait moins oublié de notions je crois...
    Mais bon... le monde idéal n'existe pas ( ou alors il diffère pour chacun) alors je ne sais pas quoi penser bref...
    Je sais par contre que j'ai un ado qui "fait son temps" avant d'être dirigé vers une école professionnelle dans un an et demie. Qui risque de ne pas lui convenir... Alors je cherche ailleurs, comment contourner "la norme" tout en essayant de lui donner espoir, de stimuler ses intérêts, de l'assurer de mon soutient.
    Mais je voudrais faire plus... Si au moins il pouvait progresser dans ses matières "fortes" au lieu de stagner... Mais bon, les si ne servent à rien hein;)
    Mais je crois les pros qui disent qu'en matière de services pour les troubles d'apprentissage, le QUébec est 25 ans en arrière du reste du Canada...
    Désolée je ne suis pas positive ce soir!
    Courage à toutes!

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  5. Pourquoi ne pas faire l'école à la maison? J'ai un enfant dyspraxique sévère et dysphasique sévère. Je suis enseignante et je connais bien les failles du système. Je me suis battue comme toi pour arriver au point que le mieux c'était l'école maison. Estime extra, travail adapté, réseau d'amis intéressant et très motivé, développement à son rythme, renforcement des acquis et des forces et intérêts et j'en passe.
    Oui l'hypothèque ne se paie pas vite, oui il faut encore et toujours se battre, oui on débourse pour certains services, oui on doit travailler fort, se créer un réseau, trouver des ressources, mais la qualité de vie et le plaisir de voir ton enfant s'épanouir tous les jours ... y'a rien qui vaut cela.
    Je me suis toujours dis, je ne me dirai jamais j'aurais donc dû, alors je me suis lancée. Il y a des jours ou je vis dans l'incertitude, peut-être qu'ils feraient mieux que moi à l'école? mais quand je regarde tout le temps et la patience que je mets sur cet enfant, le travail et les efforts qu'il y met, je sais que c'est impossible qu'un prof puisse réussir ce que je réussis avec lui compte tenu de ses gros hadicaps.
    C'est maintenant toute la petite famille qui vit au jour le jour ce projet d'école de vie. Depuis 9 ans c'est devenu notre mode de vie ou chacun grandi ,apprend et s'épanoui à son rythme.
    Il y a encore plein d'étapes difficiles à franchir devant nous. Je ne sais pas ce qu'il pourra faire plus tard, mais je sais qu'il est heureux maintenant, qu'il grandit à sa façon et qu'il escalade des montagnes à tous les jours.
    Ses médailles, il les gagne et il est fier de lui, nous aussi d'ailleurs. Je ne regretterai jamais ce choix.
    Bonne chance à toi. J'adore ton blog. Tu m'inspires. Merci de ta franchise et de ta spotanéité envers la vie.

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  6. Mon fils, qui est dyspraxique verbal, fréquentera la maternelle régulière et son enseignante m'a avisée qu'elle avait rencontré la directrice et qu'il serait dirigé en première année régulière. J'irai bientôt rencontrer la directrice pour lui parler du contenu de la première année, puisque nous allons chercher de l'aide au privé mais l'appui se fait principalement à la maison.
    À l'école que fréquente mon fils, il n'y a pas de classe de langage. Il y a une classe ressource,dans laquelle on regroupe toutes les sortes de troubles (dont plusieurs troubles du comportement). La compréhension de mon fils n'est pas touchée par la dyspraxie, son langage l'est de façon modérée et sa calligraphie semble plus ardue que pour ses camarades de classe. Je compte diriger mon fils en classe régulière le plus longtemps possible...Mon avis rejoint celui de Milou. Ça dépend beaucoup du prof.J'ai aussi dans l'idée que l'estime de mon fils en prendrait un dur coup.Et l'idée de Momo, de faire l'école à la maison, peut aussi être une alternative intéressante. Il paraît que le cégep et l'université sont mieux adaptés aux gens présentant des troubles neurologiques que les écoles primaires ou secondaires!! Par chance, l'école secondaire du quartier fonctionne par apprentissage modulaire individualisé (la seule au Canada!)...ce qui facilitera peut-être un peu la tâche de notre fils. Nous verrons, c'est encore bien loin.Je vous laisse sur un bout de témoignage d'un jeune qui souffre d'un autre trouble neurologique qui lui a rendu la vie scolaire difficile(la dyslexie)et de sa mère:
    "Pour que vous compreniez, il faudrait que vous ayiez 7 ans et que l'on vous considère paresseux ou plus ou moins attardé. Il faudrait que vous ayiez 7 ans et que la 50ieme dictée affublée d'un gros zéro rouge ne vous émeuve plus. Ce dont je veux vous parler, ce sont des sentiments de honte, de dégoût, de peur, c'est le parcours d'un décrocheur. Alors pourquoi ne suis-je pas en marge de la société? C'est parce que je suis une erreur. Oui, j'ai fini mes études secondaires et j'ai été admis au cégep et à l'université... Mais je proviens d'un milieu complètement anormal; j'ai des parents d'une ténacité hallucinante qui ont cherché à comprendre, qui ont déniché des orthopédagogues, elles aussi anormalement dévouées. Leur détermination a sauvé mes rêves.
    Ils ont pris le temps d'expliquer à mes professeurs du primaire et du secondaire le diagnostique. Après j'ai pris la relève. Le système n'était pas fait pour me laisser passer, il aura fallut le déjouer."
    La mère de ce jeune homme termine avec ceci:
    "J'aurais souhaité, pour mon fils, que la vie lui soit plus facile. Je savais qu'on pouvait survivre et même réussir sa vie malgré des problèmes d'écriture, mon père en était un bon exemple. Je m'inquiétais, parce qu'il est difficile de vivre avec une faible estime de soi. L'un des plus grands défis fut d'aider cet enfant brillant à conserver sa confiance en lui malgré ses notes et ses échecs. Au fait, Alexandre a obtenu une maîtrise de l'Université de Montréal, son nom s'est retrouvé sur la liste d'honneur de la faculté et sur celle du doyen des études supérieures, il a un bon emploi et se dirige vers le doctorat. Dire qu'il aurait pu venir grossir le nombre d'analphabètes, de décrocheurs et de chômeurs! C'eût été dommage pour lui et pour la société."

    _La Presse 2-12-2006
    Par Carmen Bourassa

    N'est-ce pas inspirant?

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  7. Oups! Mon fils fréquente PRÉSENTEMENT une classe maternelle régulière....désolée pour l'erreur!

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  8. Luka est en classe régulière avec une accompagnatrice à raison de 5 heures semaine. C'est sur papier. Mais la réalité est une toute autre chose ! En fait, comme un enfant qu'elle suit aussi (à raison de 5 heures semaine) est dans la classe de Luka, elle passe tout son temps avec ce dernier et va voir Luka seulement s'il manifeste une difficulté. Oui, l'autre enfant a plus de difficultés que mon fils, mais non, c'est faux de dire que le mien n'en a aucunement besoin. Maintenant, je dois me battre pour que mon fils qui est diagnostiqué avec une dyspraxie motrice sévère ait droit "au budget" que sa cote de déficience motrice lui accorde. Lorsque j'ai proposé à la direction de redistribuer le budget qui n'était pas utilisé pour mon fils en accompagnement vers de l'ergothérapie (je paie une ergo du privé qui vient à l'école une fois au deux semaines), on m'a répondu qu'à cause des règles syndicales, l'accompagnatrice ne pouvait pas se voir réduire ses heures. D'accord !!! Alors c'est mon fils qui paie pour !!! Et que dire du budget des parents !!! Ça ira à l'an prochain qu'on m'a répondu !!! Alors, le beau budget de $15 000, Luka n'en aura nullement bénéficié. Point !

    ... Bureaucratie de merde ! (Excusez, mais je suis vraiment frustrée !)

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  9. À toutes les mères-courage, je vous admire...

    Milou, Lyne-la-lune, comme je vous comprends!

    Ne pas être positive ou même frustrée, avec ce que vous vivez, c'est juste normal... En fait, c'est la réalité de nos petits qui ne l'est pas!
    La notre aussi, celle de toujours devoir se démener pour obtenir des services constants et durables...

    Momo: bienvenue chez nous! Merci pour ton long commentaire qui amène un point de vue différent. Je suis contente de savoir que vous avez trouvé votre solution. L'idée est excellente, mais pour le moment, je ne suis pas prête pour cela. Je suis déjà quelques mamans sur la blogosphère et je trouve l'aventure vraiment intéressante et plusieurs ont des enfants avec des défis particuliers... Merci aussi pour tes bons mots, ils me font du bien et j'espère te relire!

    Kimppl: bienvenue à toi aussi! Savais-tu que ton fils a droit à une subvention pour obtenir un ordinateur à l'école (et une autre pour la maison!) s'il a de la difficulté avec sa calligraphie, classe spéciale ou pas!

    Merci aussi pour ton témoignage, je pense que je devrais en faire un billet bientôt!?!

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  10. Parlant de subvention pour ordi à la maison, as-tu un url?
    La T.S de mon fils ne connait même pas ce service et je cherche, je cherche :P
    Surtout qu'il est doué en informatique, ça le motiverait d'avoir SON ordi au lieu de partager :P

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  11. Comme Momo, je me dirige vers l'école maison. J'ai commencé cette année avec mon plus vieux et tout vas bien. J'ai commencé à monter le programme de Justin avec tout le matériel qu'il utilise à l'IRDPQ.

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  12. @ Milou: je ne sais pas ce qu'est un "URL" ???
    :-( ÉCLAIRE-MOI S.T.P.!!!

    Mais, ton fils y a droit avec ce que je connais de sa réalité... Avez-vous des services au public ou au privé présentement, si oui, ces personnes sont supposées vous aider pour cela.

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